Site-blog des anciens de la Société Eternit et Fibrociment
Par c.caffier
Au Moyen Age, “la waide” ou “guède”, plante tinctoriale, fut le point de départ d’une industrie textile si florissante qu’au début du XIIIè siècle, les waidiers participèrent pour une large part, à côté des lainiers, à l’édification de la cathédrale d’Amiens. La ville était alors connue comme la grande spécialiste de la couleur bleue.
Cette plante bisannuelle de la famille des crucifères appelée aussi Guède, Pastel ou Isatis Tinctoria fut cultivée aux XIIe et XIIIe siécles notamment dans le Santerre.
Ses feuilles étaient ensuite écrasées, mises en coques ou tourtels, séchées, broyées et enfin utilisées par les maîtres teinturiers d’Amiens : ces nombreuses manipulations devaient employer une importante main-d’œuvre locale.
Cette activité de négoce engendrée par la waide fit la richesse d'Amiens à l'époque du Moyen-Âge, elle contribua au financement de la construction de la cathédrale qui dura de 1220 à 1270 environ. C'est donc grâce à la waide qu'elle fut érigée en si peu de temps, ce qui est remarquable pour un monument aussi imposant.
On ne retrouve que très peu de traçes de la présence de la waide en Picardie. La waide a disparue de notre département dès l'apparition de l'indigo.
Le commerce de la waide a fait la fortune des commerçants qui ont su la transporter et la vendre dans le Pays d'Oc. Si en Picardie c'est la culture de la waide qui a fait la richesse de nombreux exploitants et commerçants transporteurs, c'est en Languedoc, pays de cocagne (coques: boules de feuilles de waide) que les richesses ont été les plus importantes. On devait stocker la waide, la faire sècher dans des grands magasins ou séchoirs, la casser, la moudre d'où les nombreux moulins de cocagne et la faire "mariner" pour obtenir "le pastel", poudre bleu qui servait à teindre ou colorer.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog